Dans ce nouvel épisode d’ Anthony en Duplex, je pars à la rencontre d’ Eugeni Quitllet, designer de renommée internationale. Quelques minutes suffisent pour comprendre ce qui l’anime : la liberté, la lumière, et une idée très précise de l’objet.

Une enfance à Ibiza, comme matrice
Eugeni affirme que son rapport au design s’est construit très tôt, dans un environnement où la nature et la lumière imposent une évidence : l’espace ouvre l’imaginaire. Il explique avoir grandi avec une sensation de liberté totale, comme si tout restait possible. Selon lui, cette atmosphère a façonné un univers mental qu’il continue d’activer chaque jour dans son travail.
Il défend aussi l’idée que certaines cultures, par leur capacité à encourager l’échange et l’expérimentation, rendent les idées plus concrètes. Pas comme un rêve inaccessible, mais comme une utopie praticable : une intuition que l’on peut transformer en objet.
EQ : l’émotion comme signature
Eugeni précise que “EQ” n’est pas un simple surnom : c’est une déclaration d’intention. Il revendique Emotional Quotient comme une boussole. Il insiste sur une ambition claire : faire entrer dans nos intérieurs une forme de lumière, d’harmonie, de douceur. Son design, dit-il, cherche moins à démontrer qu’à équilibrer. Moins à imposer qu’à accompagner.
Dans cet épisode, il ne parle pas de performance ni de prouesse formelle. Il parle d’effet, au sens presque physique : ce que l’objet déplace en nous, ce qu’il apaise, ce qu’il révèle.
L’assise, objet-miroir d’une époque
Face à une observation simple, “tu dessines beaucoup d’assises”, Eugeni assume pleinement : oui, c’est une obsession. Mais il en donne une lecture très structurante. Il affirme que l’assise est l’un des objets les plus proches de l’humain : utile, immédiate, universelle. Et c’est justement pour cela qu’elle est un support idéal.
Selon lui, une chaise ou un fauteuil permet de saisir “la température” du monde contemporain : notre humeur collective, notre rapport au confort, à la fonctionnalité, à l’élégance. L’assise devient alors un révélateur. Pas seulement un objet que l’on utilise, mais un objet qui raconte une époque.
Une conversation lumineuse, sans détour
Ce que je retiens de cette rencontre, c’est une vision du design presque morale, au bon sens du terme : une discipline qui doit produire de l’harmonie. Eugeni ne décrit pas le design comme une addition de lignes, mais comme une manière de rendre le quotidien plus juste, plus sensible, plus humain.